Une vingtaine de personnes ont eu le pavillon de leur oreille gauche arraché, mercredi matin, dans le secteur de Boutoupa Camaracounda, non loin de la frontière bissau-guinéenne, a-t-on appris de source autorisée.
Les victimes, de jeunes hommes, sont tombées sur des bandes armées en divers endroits de la forêt où elles étaient parties à la recherche de noix de cajou.
Selon des sources concordantes, une partie des personnes qui ont subi ces exactions ont été appréhendées par des éléments armés non identifiés, près de Tampe, à sept kilomètres de Boutoupa Camaracounda, chef-lieu de la communauté rurale du même nom, situé à une dizaine kilomètres de la frontière entre le Sénégal et la Guinée-Bissau.
D'après les témoignages recueillis à l'hôpital régional de Ziguinchor où une partie des victimes sont arrivées mercredi après-midi, les éléments armés ont expliqué aux victimes, qu'il était formellement interdit de se rendre dans la zone.
Après avoir rappelé cette interdiction, ils ont ensuite coupé, à chacune des personnes arrêtées, le pavillon de son oreille gauche. L'amputation aurait été faite à l'aide d'une machette, selon un journaliste qui a recueilli le témoignage de certaines victimes venues se faire soigner à Ziguinchor.
Ce geste accompli, ils ont procédé à la libération des jeunes qui ont pu regagner leur village, grâce aux vélos que celles-ci avaient cachés dans la brousse.
Certaines personnes mutilées auraient été prises en charge dans les postes de santé de villages environnants, notamment à Niaguiss, à 20 km à l'est de Ziguinchor. Mais la plupart d'entre elles se sont rendues après leur libération, à l'hôpital régional de Ziguinchor, où elles ont reçu des soins.
Parmi les victimes, 16 seraient originaires du village de Agnack et deux de celui de Fanda, localités situées non lieu de Niaguiss, dans le département de Ziguinchor. Trois autres victimes seraient des habitants de Tampe.
Il est des moments où certains actes anodins, posés par les hommes politiques, n'ont aucune conséquence sur le cours normal de leur vie. Mais posés dans certaines conditions, ces mêmes actes deviennent si foudroyants qu'ils engendrent des dégâts quasi inestimables. C'est le cas de l'omission du nom du secrétaire général de la Présidence de la République du Sénégal par le Ministre - Conseiller en communication du Président Abdoulaye Wade Assane Bâ, lors d'une manifestation populaire dans la banlieue dakaroise.
Assane Ba et Abdoulaye Baldé ont tous les deux droit de cité dabs les entrailles de la Présidence de la République du Sénégal. Si le premier est Ministre - conseiller en communication du locataire des lieux, le second lui,en est le Secrétaire Général. A priori, ces deux fonctions ne sont pas antinomiques. Au contraire, ils sont complémentaires. Mais apparemment, certains Sénégalais veulent leur imposer des relations très médiatisées qui en autre que ce que l'on pouvait attendre. Ce qui est à l'origine de cette situation,c'est moins un éventuel télescopage fonctionnel que des ambitions dites conflictuelles au sein d'un mouvement populaire dénommé « Génération du Concret ». Ce mouvement a été créé par Karim Wade, fils du Président Wade et président du conseil de surveillance de l'Agence nationale pour l'organisation de la conférence islamique (Anoci). Cette agence est logée à la Présidence de la République.
Karim Wade est, par voie de conséquence, le président de ce mouvement international (puisque ayant des répondants aux Etats-Unis et dans plusieurs pays d'Europe dont la France) logé aussi à la Présidence de la République du Sénégal. Le Secrétaire général de la Présidence de la République, M. Abdoulaye Baldé son « proche ami et frère voire son alter ego » (pour certains) en est la deuxième personnalité. Depuis la création de la « Génération du Concret » il y a maintenant plusieurs mois, c'est le duo « Karim Wade/Abdoulaye Baldé » qui a toujours fait parler de lui ; faisant « bouger plus d'une montagne ». Mais la symphonie n'a duré que le temps des préparatifs du 11ème sommet de l'Organisation de la conférence islamique (Oci) tenu les 13 et 14 Mars derniers.
A peine les sénégalais ont-ils fini de savourer les « bons résultats » de cette manifestation grâce à laquelle la « Génération du Concret » a été, d'ailleurs, mise sur les fonts baptismaux qu'une nouvelle donne s'annonçât. Car, l'on reproche au Ministre – conseiller du Président Wade de vouloir « chiper » sa place à Abdoulaye Baldé. Un premier reproche a été fait récemment, qui a été vite démenti par le concerné Assane Bâ. Lequel pour prouver sa « bonne foi », s'est déplacé avec Abdoulaye Baldé le 26 Avril dernier à Ziguinchor, principale ville de la Casamance et fief du second. Là, M. Bâ a fait l'une de ses rares sorties radio – télévisées pour adresser des propos élogieux au Secrétaire Général de la Présidence de la République, Abdoulaye Baldé. Il l'a même qualifié de « géant politique et d'homme compétent ». Suffisant, non, pour prouver qu'il n'en était rien de tout ce que lui reprochaient les « inconditionnels » de Baldé.
Que non, aux yeux de ces derniers ! Pensant ainsi se racheter auprès de ces « inconditionnels » de Abdoulaye Baldé, Assane Bâ avait vraisemblablement laissé suinter la goutte d'eau qui fit déborder leur vase. Au sens où les « frères politiques et amis » de Baldé restés en Casamance naturelle (sud du Sénégal), ont justement prétexté la sortie de Assane Bâ pour s'en prendre à lui. Donnant un point de presse lundi soir à Ziguinchor, les membres de la cellule locale de la « Génération de Concret » et du mouvement « Horizon 2012 » qui ont mis en scelle Karim Wade pour les élections présidentielles de 2012, ont tenu à « rappeler (à Assane Bâ) quelques vérités qu'il a dû omettre lors de sa sortie ».
Pour le président et le coordinateur de « Horizon 2012 » en l'occurrence MM. Fakéba Bodian et Babacar Gorgui Guèye, ces « omissions (ont été faites) à dessein et qui, si l'on y prend garde, (elles) risquent de saper l'unité et la cohésion qui ont toujours caractérisé depuis sa naissance la Génération du Concret ». Selon eux, ces « vérités » sont les suivantes : « que Assane Bâ sache que Karim Wade est le N°1 et Abdoulaye Baldé le N°2 de la Génération du Concret et que celui qui veut casser ce duo nous trouvera sur son chemin ». Au-delà de leur cible du jour, les membres de « Horizon 2012 »ont mis « en garde quiconque tenterait de remettre en cause cet ordre naturel déjà établi par les membres de la Génération du Concret ».
Réagissant mardi, sur la radio privée « Wal fadjri FM », aux menaces proférées par ses « inconditionnels », le Secrétaire Général de la Présidence de la République a parlé de « débat puéril ». Abdoulaye Baldé dira qu' « au niveau de la Génération du Concret, on n'a pas ces problèmes de positionnement et j'ai toujours dit aux personnes qui se réclament de moi que je ne battais jamais pour des positions, mais je me battais pour des principes. Vraiment il ne faut des gens amènent des conflits artificiels qui vont miner la marche du Mouvement. Je condamne tous propos qui tendent à nous diviser au sein de la Génération du Concret…»
Les libéraux au pouvoir depuis Mars 2000 se sont particulièrement engagés dans une lutte de plus en plus violente contre une bonne partie de la presse fautive d'être un des fossoyeurs majeurs de la démocratie. De condition de cette démocratie, les médias en général seraient, aux yeux des néo-dirigeants sénégalais, en train de la détruire. Ce qui expliquerait, dit-on, l'aversion que le chef de l'Etat lui-même, Abdoulaye Wade, nourrit envers cette presse-là. Wade, il est vrai, s'est particulièrement investi, corps, âme et intelligence, dans une campagne de diabolisation de certains médias, véhicules selon lui de « contre-valeurs démocratiques ».
Le propos n'est pas tout à fait faux. Mais si la plupart des concitoyens lui accordent difficilement crédit, c'est sûrement parce que son ou ses auteurs auraient un réel problème avec la probité morale et avec l'intégrité éthique. N'est-il pas vrai que c'est le pouvoir libéral qui a institué au Sénégal une presse particulièrement injurieuse, conçue comme une arme à son service ? N'est-il pas vrai que sous Wade en particulier, semblent élevés au rang de valeurs suprêmes le prosélytisme, les amalgames, les catégorisations, les récupérations politiciennes, les uppercuts aux règles et procédures démocratiques ? N'est-il pas exact que sous l'ère libérale s'est instaurée l'impunité face aux malversations et aux détournements des biens publics ? Quid de l'achat des consciences ?
Le Sénégal traverse une période d'anomie à l'instar de la presque totalité des pays à l'échelle du monde, mais contrairement aux dirigeants qui sont, un tant soit peu, soucieux des formes et qui cherchent à juguler les crises et à restaurer les valeurs et la justice, les nôtres ne veulent toujours pas rompre les amarres de leur univers théocentré. Du président au plus petit ministron au Curriculum vitae falsifié, tous se pensent comme la Transcendance et ne manifestent absolument pas l'intention de faire le deuil de leur universalité. Dans ce contexte, la plus banale remarque de la presse (qui refuse d'intégrer le giron mental libéral) est aussitôt perçue comme un insupportable outrage. Un affront que les hautes autorités politiques et certaines de leurs affidés religieux préfèrent laver dans les eaux puantes de l'anathème, de la vindicte populaire, de la médisance et de l'amalgame manipulatrice.
Cela dit, le maelström médiatique sénégalais est une réalité et il est légitime, pour le lecteur, l'auditeur ou le téléspectateur au nom duquel on prétend écrire et parler, de questionner la responsabilité des médias dans le cadre de leur rôle de construction d'un espace démocratique qui rende possible la discussion à partir des éléments essentiels. Le propos est clair : au-delà de l'inacceptable qui règne dans les Rédactions, il s'agit, pour les journalistes, d'avoir de l'estime pour leur métier, de s'arracher des dogmes personnels pour se (re) connecter à des principes inconditionnés.
La Grande Offensive Agricole pour la Nourriture et l'Abondance (GOANA), ce projet très cher au Chef de l'Etat sénégalais Me Abdoulaye Wade pour arriver à l'autosuffisance alimentaire dans son pays, a rencontré l'assentiment d'une frange de la jeunesse casamançaise (sud du Sénégal). Il s'agit des Jeunesses libérales travaillistes « fidèles » au ministre de la Jeunesse Mamadou Lamine Kéita et résidant dans le département de Bignona.
C'est la première sortie publique provenant de cette région méridionale du Sénégal et soutenant le projet GOANA. Les membres de l'Union des Jeunesses libérales travaillistes notamment ceux du Comité de liaison fédérale (Clf) de Bignona (425 Km au sud de Dakar) ont en effet tenu un point de presse jeudi pour dire urbi et orbi qu'ils soutenaient le secrétaire général national du PDS (leur parti politique actuellement au pouvoir) qui se trouve être le Chef de l'Etat sénégalais.
Faisant référence à une rencontre tenue à Bignona le même jour, leur secrétaire administratif, M. Abba Yérouba Bokoum, a indiqué que « les jeunes libéraux du département de Bignona ont félicité Monsieur Le Président de la république Me Abdoulaye Wade pour les mesures qu'il a prises pour maîtriser la crise alimentaire, l'encouragent et le soutiennent sur le projet GOANA ». Selon lui, le projet de sortie de crise préconisé par le Président Wade, « prouve encore une fois de plusla volonté et l'engagement qu'il a de faire du Sénégal un pays émergent qui a eu plus de quarante de retard causé par le régime socialiste (opposition) ».
Sans attendre qu'on leur donnât le la, les jeunes libéraux du « Fogny » (autre appellation du département de Bignona) « ont décidé d'avoir des champs dans les seize communautés rurales et dans les deux communes. » Mieux, ils iront auprès de qui droit pour obtenir le soutien nécessaire afin d'arriver à leurs « louables » fins. Ils ont promis de commencer naturellement par l'inventeur de la GOANA, Me Abdoulaye Wade avant de s'adresser à leur mentor le ministre sénégalais de la jeunesse Mamadou Lamine Kéita sans oublier son homologue de l'agriculture Hamath Sall.
Retenons que ce dernier, cité mercredi par l'Agence de presse sénégalaise (Aps), repris jeudi par le journal en ligne Rewmi.com, a précisé que le Sénégal avait besoin de pas moins de « 344,7 milliards de FCFA (524,2 millions d'euros) » pour réaliser le projet GOANA. Selon le même site, « parmi les besoins estimés, figurent l'achat d'engrais (197 milliards de FCFA), les aménagements hydro-agricoles et travaux d'encadrement à réaliser (85 milliards de FCFA) et la production de semences (52 milliards) ».
La faim nourrit injustement beaucoup de monde. C'est l'avis de Me Wade qui a dressé un véritable réquisitoire contre certaines Ong qu'il accuse de faire des affaires autour de l'aide alimentaire.
Si Me Wade n'aime pas lancer des appels au secours sur le danger de famine qui menace le Sénégal et les autre pays du Tiers monde, c'est parce qu'il ne veut pas enrichir des businessmen qui vivent de la faim. 'Je n'aime pas les incantations, encore moins les conjurations, les appels au secours qui ne produisent que cautère sur jambe de bois', a martelé hier Me Wade au cours du conseil présidentiel tenu au Méridien président (Voir par ailleurs). ‘Tout le monde sait ce qu'il faut faire mais objectivement, on ne voit qu'agitation'. Puis d'ajouter que ‘la prétendue aide alimentaire est devenue un business de certaines Ong, voire une vaste escroquerie aux dépens des populations des pays donneurs'.
Me Wade souligne que les chefs d'Etat africains pourraient largement raconter chacun, comment des dons supposés arrivent amputés par les divers prélèvements au passage. Voilà pourquoi le président Wade estime que l'Union européenne et le secrétaire général des Nations Unies ‘devraient lancer des enquêtes sur ce scandale du siècle, ce qu'on appelle l'économie de la faim qui enrichit les ‘blouses noires', faux médecins, croque-morts de la faim prompts à se pencher sur le malade, le faire remonter à flot à un moment pour obtenir encore davantage de subsides'.
L'Afrique, affirme Me Wade, devrait refuser de jouer plus longtemps ce rôle. ‘Certes nous avons besoin d'aide, mais pas de celle dont nous ne sommes que des prétextes', fulmine encore le chef de l'Etat. Non sans dire ses quatre vérités à la Fao : ‘Je ne voudrais pas non plus que la Fao se transforme en permanence en main tendue de l'Afrique pour recevoir la pitance. Elle doit aussi cesser de prélever 20 % des aides qui passent entre ses mains et trouver des ressources de fonctionnement'.
Le président Wade souligne que lorsqu'il est arrivé au pouvoir en mars 2000, le gouvernement précédent avait déjà lancé un appel à la famine. ‘C'est le seul appel que j'ai assumé, à mon corps défendant. J'ai pu m'apercevoir que les professionnels de l'appel à la famine, ici au Sénégal comme à l'étranger, s'étaient encore illustrés. J'ai décidé que, sous mon mandat, le Sénégal ne lancerait plus d'appel de ce genre. La promesse a été tenue'.
Pour Me Wade, les pays africains pourraient échapper au danger éventuel de la famine s'ils étaient plus vigilants et mieux aidés. ‘Je dis mieux aidés car l'aide à la survie est une aumône. Aussi ne voudrais-je pas qu'on lance, en notre nom, une campagne de collecte d'argent qui finira dans l'escarcelle de la nébuleuse des Ong, de certaines Ong du moins', avertit le chef de l'Etat. Quant au Sommet ‘dit de la crise alimentaire' convoqué à Rome, Me Wade estime qu'il ne devra pas être un de ces éternels tours de table ‘où les médecins se penchent avec condescendance sur un malade en perpétuelle transfusion avec le sentiment que leur devoir ne va pas plus loin que le maintien en vie'.
« La candidature de Karim Wade sera portée par le PDS soutenu par un vaste mouvement populaire»
Dans un an, ce sera les élections locales prévues pour mars 2009. Mais pour ce qui est des élections présidentielles, 2012 est encore loin. Pourtant du côté de Ziguinchor, des mouvements tel Horizon 2012 s'active depuis plusieurs mois pour imposer la candidature de Karim aux sénégalais et porter ce dernier au pouvoir dans 4 ans. Est il l'homme e mieux indiqué au sein de la famille libérale pour succéder à son père ? Est-ce à cause de sa proximité avec le secrétaire général de la présidence que les proches de ce dernier sont aujourd'hui au premier plan pour le triomphe du ticket Karim-Baldé ? Dans une interview, Fakéba Bodian coordonnateur de Horizon 21012 a tenté d'apporter d'éclairer la lanterne des sénégalais sur ces questions. Non sans manquer de préciser que la candidature de Karim Wade doit être porter par le PDS et non des structures qui gravitent autour du Parti libéral
- Mr Bodian, qu'est qu a motivé la création du Mouvement Horizon 2012 ?
- Après une analyse sérieuse de la situation politique nationale, nous avons décidé de mettre sur pied un large rassemblement. Ce mouvement a comme objectif principal de créer les conditions de la candidature de Karim Wade en 2012. C'est en toute responsabilité que nous l'avons mis sur pied
- Croyez-vous très sincèrement à la candidature de Karim Wade en 2012 ?
- Bien sûr je crois à la candidature de Karim Wade. Renoncer à cette éventualité brisera l'espoir de millions de sénégalais qui comptent sur lui. Ne serait ce que pour cette raison, il sera sensible, je l'espère, à notre appel
- Si tel est le cas, pensez-vous que cette candidature doit être porté par les structures ou des mouvements tels que le votre ou plutôt par le PDS ?
- Vous savez KarimWade n'appartient pas au seul Parti, le PDS. Il est finalement devenu un phénomène national. Il symbolise aujourd'hui l'espoir de tous les libéraux, de milliers de l'opposition, de a société civile. En somme de tous les segments de la société. Donc pour être beaucoup plus précis sa candidature sera portée par le PDS soutenu par un vaste mouvement populaire
- Karim Wade a-t-il les compétences requises pour diriger ce pays ?
- D'abord, il faut que les gens arrêtent de diaboliser la candidature de Karim Wade. A ces derniers d'ailleurs qui passent à longueur de journée à occuper les médias, nous leur lançons cet appel solennel : qu'ils montent dans le bateau Karim Wade avant qu'ils ne soit trop tard pour eux
- Cette question ne se pose donc pas selon vous ?
- Nous nous acceptons un débat sain basé sur la morale, sur la compétence, etc. Mais par contre on ne peut accepté un débat stérile basé sur la calomnie et le mensonge. C'est pour vous dire que Karim a les compétences requises. Et mieux il a les relations internationales pour traduire en acte concret la vision qu'il a pour ce pays. N'est ce pas il a pu traduire en acte concret, avec Baldé, la vision du président de la république lors de l‘organisation du dernier sommet de l'OCI qui a été une occasion pour notre de diversifier ses partenaires économiques
- D'aucuns dans la commune et au sein même de votre formation politique estiment que Horizon 2012 est constitué d'une poignée de personnes qui s'agitent. Que répondez vous à ces derniers ?
- Ces gens n'ont pas dit ce qu'ils ressentent au fond d'eux-mêmes. La vérité, c'est qu'ils ne sont pas d'accord avec le combat que nous menons. Et cela est normal en démocratie. Seulement ce qui est aujourd'hui tangible, vous trouverez partout dans la région et même dans les communautés rurales des fiches d'adhésion à notre mouvement. Aussi, les gens nous écoutent religieusement quand nous leur parlons de ce duo que constituent Karim Wade et Abdoulaye Baldé
- Ces critiques sont peut-être liées au fait que votre mouvement contrairement à la génération du concret, est peu visible sur le terrain politique. Est-ce votre avis ?
- Je pense sincèrement que ces personnes cherchent tout simplement à nous divertir
- Etes-vous prêt à fondre votre mouvement au sein de la génération du concret dont vous partagez les mêmes objectifs que vous ?
- Je pense que cette éventualité ne peut pas se poser à notre niveau. Pour nous, notre mission prendra fin le jour où Karim Wade sera installé au palais de la république du Sénégal
- Quel regard portez-vous sur la génération du concret ?
- L'avènement de la génération du concret est comparable à celui du Sopi avec Me Abdoulaye Wade et le PDS. C'est un cri de ralliement à une cause, un concept qui a une grande signification. Maintenant que certains évènements sont derrière nous, je souhaite que cette structure s'engage beaucoup plus sur le terrain politique
- Des rumeurs vont bon train quant à la volonté de certains responsables tapis au sommet de l'Etat de casser la collaboration et les relations qui existent entre Abdoulaye Baldé et la famille présidentielle. Si tel le cas, quelle sera la position de Horizon 2012 ?
- Nous n'avons aucune crainte ç ce niveau dans la mesure où Abdoulaye Baldé sert loyalement le président de la ré^publique. Quant à vouloir mettre fin à ses relations avec son frère jumeau Karim Wade, c'est peine perdue pour ces fossoyeurs. Cependant, cela ne nous empêche pas d'être vigilant car on ne laissera personne comploter sur le dos de nos deux leaders
- Pour parler toujours de votre candidat, d'aucuns l'accusent d'avoir une mainmise aujourd'hui sur le PDS et que certaines nominations à certains postes de responsabilité dans ce pays portent son empreinte. Est-ce le cas ?
- Vous savez au Sénégal les gens font des accusations gratuites. La nomination d'un ministre ou la nomination à la tête d'une direction nationale est du ressort du président de la république et de son premier ministre
- Karim Wade parle peu sinon jamais en public. Cela ne constitue t il pas une source de méfiance chez les sénégalais quant à son élection en 2012 ?
- Cela constitue plutôt une force. Au moment où les faux politiciens occupent les médias, lui et son ami Baldé s'attèlent à traduire en acte concret les projets du chef de l'Etat. C'est pour cela d'ailleurs qu'en un temps record ils ont pu changé le visage de la capitale sénégalaise. Vous savez aussi, qu'en certaines occasions, Karim Wade a su montrer ses talents de communicateur
- Qui, selon vous peut aujourd'hui freiner l'ascension du fils du président de la république ?
- Seul le bon dieu en est capable. Et je crois véritablement que le bon dieu, qui protège les hommes de cœur de la trempe de Karim Wade, est avec lui
- D'ici 2012 quelle stratégie allez-vous d'abord adopter pour imposer la candidature de Karim Wade au sein du PDS et la vendre ensuite aux sénégalais ?
- Nous n'avons pas à imposer la candidature de Karim Wade. Notre stratégie sera tout simplement d'expliquer la pertinence de notre choix. Son sérieux, sa discrétion, sa compétence, son carnet d'adresses et son amour pour le pays font de lui le candidat idéal pour notre Parti et la majorité des sénégalais
- Avec le foisonnement de structures qui gravitent autour du PDS à Ziguinchor, peut on conclure que le Parti dans son fonctionnement vit une certaine léthargie ?
- Non pas du tout. Notre frère Abdoulaye Baldé secrétaire général communal à Ziguinchor est au service du chef de l'Etat et du PDS. Et je pense très sincèrement qu'il gère bien le PDS au niveau de Ziguinchor
- Quelle appréciation faites-vous du report des élections locales ?
- Nous nous sommes des républicains et nous respectons à cet effet la séparation des pouvoirs. Les parlementaires sont donc libres de déposer des projets de loi. Et si les lois sont votées, nous devons nous soumettre à leur application, même si elles vont à l'encontre de nos intérêts.
- Beaucoup d'observateurs ont estimé que les chances pour le PDS de gagner ces locales étaient minces. Ce qui a valu à ce report des élections. Partagez-vous cet avis ?
- Je vais peut-être vous surprendre. En tant que ziguinchorois, je suis vraiment abattu par ce report. Pour nous, toutes les conditions étaient réunies pou porter Abdoulaye Baldé à la tête de la municipalité afin qu'il abrège les souffrances des populations. Donc je ne suis pas de cet avis car le Parti dans son ensemble était prêt pour gagner ces élections. En tout cas à Ziguinchor où toutes les conditions étaient réunies pour une victoire éclatante avec notre tête de liste Abdoulaye Baldé. C'est pourquoi nous demandons d'ailleurs à Aminata Tall de venir présenter des excuses publiques à la population ziguinchoroise
La guerre des tranchées au sein des organes régionales de Ziguinchor (sud du Sénégal) du Parti démocratique sénégalais (Pds), au pouvoir, bat son plein. Ce mardi, les partisans du secrétaire général de la Présidence de la République Abdoulaye Baldé s'en sont pris au député Séckou Sambou. Ils l'ont invité à ranger ses armes contre leur mentor. Cétait en marge d'un mouvement de contestation populaire pour l'obtention d'une meilleure route sur le tronçon Oussouye - Sam Sam, dans le département d'Oussouye.
Ceux qui sont montés au créneau ne sont personne d'autre que les membres du mouvement « Horizon 2012 ». Un mouvement qui a choisi Karim Wade le fils du président sénégalais Abdoulaye Wade, comme étant leur candidat aux élections présidentielles de 2012. D'où, d'ailleurs la dénomination de leur mouvement.
Profitant d'un mouvement de contestation des populations du département d'Oussouye, notamment de la sous-préfecture de Loudia Wolof,les souteneurs de Karim Wade, et par ricochet de son « frère et ami » Abdoulaye Baldé, ont pris à partie le député libéral Séckou Sambou. Ils ont taxé Séckou Sambou, pourtant du même parti qu'eux et Abdoulaye Baldé, d'avoir « délibérément » monté ses partisans contre ce dernier. Lesquels auraient fait une sortie fracassante la semaine dernière pour sommer Baldé de « ne point s'immiscer dans les affaires du Pds à Oussouye ». Rappelons que M. Baldé milite dans le département de Ziguinchor. Il est le secrétaire général de la section communale Pds de Ziguinchor alors que Séckou Sambou, lui, occupe le même poste au niveau de la fédération d'Oussouye.
Les partisans de Abdoulaye Baldé qui ont réagi sont : Souleymane Signaté le chargé des relations extérieures de « Horizon 2012 » et Babacar Gorgui Guèye dit Go qui en est aussi un des responsables. Selon Souleymane Signaté qui faisait allusion à Séckou Sambou, « ce responsable a mal orienté ses (jeunes) ». Quant à M. Guèye, il dira que « désormais » eux qui se réclament de Baldé, vont s' « ériger en bouclier partout » où le besoin se fera sentir, pour que « plus personne ne s'attaque » à leur mentor. « Il faut que ça cesse ! » a-t-il martelé.
Ces sorties politiques ont eu lieu en marge d'un mouvement de contestation enclenché par les populations de la sous préfecture de Loudia Wolof, située au Sud-est du Sénégal. Ces populations ont interpellé les autorités sénégalaises, leur demandant de « reprendre le dossier » du chantier de construction du tronçon Oussouye - Sam Sam via Loudia Wolof. Selon elles, cette route longue de 10 Km, est « très mal construite par l'entreprise » qui en a gagné le marché. Si bien que beaucoup d'entres elles commencent à tomber malades à cause de la poussière soulevée par les véhicules empruntant le tronçon. S'y ajoute que contrairement à la largeur de 7 mètres prévus, l'entreprise n'en a fait que quatre. Résultat, deux voitures ne peuvent pas se croiser sur la route.
Ces populations ont menacé de « barrer carrément la route » les prochains jours, si les autorités compétentes « ne réagissent pas » à leur appel.
«Il faut que Karim Wade clarifie ses relations avec les cercles mafieux»
Serigne Fallou Dieng, président du Cercle des intellectuels Soufi du Sénégal, ne veut pas entretenir des relations obscures avec la vérité. Sur les menaces contre Madiambal Diagne, administrateur du Groupe Avenir communication, sur les relations entre les hommes politiques et les chefs religieux, il assène ses vérités, sans détour.
Madiambal Diagne a été menacé de mort par des jeunes Mbacké-Mbacké suite à l'interview que Sophie Ndiaye Cissokho, (ex-)épouse de Serigne Bara a accordée au magazine Week-end. Qu'en pensez-vous ? (Ndrl : l'entretien a eu lieu quelques heures avant le dénouement de cette affaire)
Je voudrais, tout d'abord, condamner ces menaces. Certes, je suis un mouride ; Serigne Bara est mon marabout et je suis aussi petit-fils de Serigne Touba, mais je condamne ces menaces parce que le mouridisme, tel qu' enseigné par son fondateur (Khadim Rassoul) ne connaît pas la vendetta. Que tout le monde sache qu'on est dans un Etat de droit. Par conséquent, nul n'a le droit de se faire justice soi-même. Donc, vouloir lyncher ou tuer des journalistes relève de l'intolérance. A mon avis, ce n'est pas un acte découlant de la foi. Même si, en revanche, je condamne la publication des photos de Serigne Bara dans le magazine et l'évocation de sa vie privée. Car, Serigne représente une personnalité religieuse, très sacrée. Quand cette dame (Sophie Ndiaye Cissokho) s'est confiée au magazine, évidemment, ce magazine va publier ces confidences. Par ailleurs, les épouses des guides religieux doivent être des modèles, c'est-à-dire avoir un comportement digne d'une femme musulmane. Puisque Dieu parle dans le Coran des sanctions qu'encoure la famille du Prophète Mohamed (Psl), en l'occurrence ses épouses, en ces termes : «Ô, vous qui êtes de la famille du Prophète, si vous commettez une quelconque ignominie, Dieu vous infligera un double châtiment !» Alors, il y a un comportement que doit avoir l'épouse d'un guide religieux. Vraiment, j'avais mal lorsque j'ai lu (l'interview) de l'épouse de mon marabout dans le magazine. La faute n'incombe pas, au magazine, mais plutôt à la dame. Maintenant, il revient à l'Etat, garant de la sécurité des citoyens, de protéger Madiambal Diagne qui est un citoyen à part entière. Même si je n'accorde aucun crédit à ces menaces. Ce n'est que du bluff. D'autant que Serigne Bara (le Khalife général des mourides) n'a donné l'ordre à personne pour lyncher qui ce se soit. C'est un homme de paix, un pieux.
Votre frère, Serigne Modou Bousso Dieng a eu, récemment, des démêlés judiciaires pour avoir été mêlé à une histoire de trafic de passeports diplomatiques. Qu'en pensez-vous?
Serigne Modou est mon frère cadet, de même père et de même mère. J'ai assisté à ses ennuis judiciaires. Mais, je souhaite ne pas trop m'épancher sur cette affaire. Je compatis à sa douleur parce que c'est mon jeune frère. Je suis une personne respectueuse des lois et règlements (du pays). Peut-être, qu'il s'agit d'un règlement de comptes entre lui et l'Etat comme il a eu à le déclarer. C'est une affaire qui est derrière nous.
Le pays traverse, depuis quelques temps, une crise sociale avec la hausse des prix de denrées de première nécessité. Des marches initiées dans ce sens par des organisations consuméristes ont été sévèrement réprimées. Quelle est votre appréciation ?
Cela prouve, simplement, qu'on est dans un Etat policier. Ce qui me fait le plus mal, c'est qu'au moment où les tenants du pouvoir se la coulent douce, les populations, elles, vivent dans la misère et le dénouement total. Les paysans vivent dans la disette. Les citoyens croulent sous le poids de la flambée des prix de denrées de première nécessité, à savoir le sucre, le lait, le riz, l'eau, l'électricité. Même si l'envolée du prix du riz s'explique par des raisons exogènes. En tout cas, la politique d'ajustement structurel qu'avaient adoptée les socialistes avait abouti à un embellissement des indicateurs macro-économiques, un environnement des affaires propice. Certes, cette politique d'ajustement structurel a été assortie par des mesures d'austérité et une déflation dans les entreprises, mais, au bout du compte, cela s'est traduit par un environnement sain et une santé financière. Toutefois, nous ne faisons pas la fine bouche par rapport aux réalisations de Me Wade qui sont visibles avec la stratégie de réduction de la pauvreté qui est providentielle. L'emploi des jeunes est perceptible, les conditions des travailleurs nettement améliorées avec l'augmentation des salaires, les infrastructures scolaires sont renforcées. Sans oublier les infrastructures que nous envie toute l'Afrique. Dakar a changé de visage avec ses ponts, ses tunnels dont l'Anoci est le maître d'œuvre. Toutes ces réalisations sont, cependant, entachées par des projets de promotion personnelle, des dépenses de prestige, une spéculation foncière, une mauvaise répartition des richesses.
On parle de l'achat d'un nouvel avion présidentiel. Qu'est-ce que cela vous inspire dans un contexte de morosité sociale ?
Cela traduit un manque de respect de Me Wade à l'égard du peuple sénégalais, dans la mesure où tout le monde ressent le coût élevé de la vie. Sans parler de la famine qui secoue le monde rural. Donc, l'urgence est ailleurs. Par exemple, le Sénégal a besoin d'emblaver 75 000 hectares de blé, pour combler son gap en céréales. L'importation annuelle en blé est de 300 000 tonnes pour le Sénégal. Et il suffit de 45 milliards pour financer 75 000 hectares de blé pour pouvoir assurer son autosuffisance alimentaire pour ce produit. Il en est de même pour le riz car, le Sénégal importe, annuellement, 600 000 tonnes (de riz). Ce qui lui coûte 100 milliards de francs Cfa par an. Si le gouvernement avait investi 5 milliards dans l'agriculture, le Sénégal pourra assurer son autosuffisance en riz.
Pourtant, lors de son adresse à la nation du 3 avril denier, le président Wade a émis le souhait de voir ce projet se réaliser d'ici 2015…
Ce ne sont que des vœux pieux. Me Wade prend des décisions sans lendemain, et le Sénégal continue d'être la proie des malversations à grande échelle. Si le train de vie de l'Etat continue sa courbe ascendante, le Sénégal n'atteindra jamais l'autosuffisance alimentaire. Me Wade sait que, n'eût été la complicité de certains chefs religieux, il n'oserait pas se permettre de faire certaines choses qui frisent l'aberration. Le Sénégal a atteint l'âge d'or de l'hypocrisie religieuse. Au lieu d'attaquer les fléaux qui minent la société, tels que la délinquance sexuelle, le trafic de stupéfiants, l'homosexualité, l'exploitation humaine, beaucoup d'hommes religieux s'adonnent à un plaidoyer pour dédouaner les gouvernants. Ils s'érigent en basse-cour à la solde de l'Etat dans le but de faire avaler au peuple la pilule amère (…)
Donc, la complicité qu'entretiennent les chefs religieux et les hommes du pouvoir est à la base de la situation que nous vivons ?
Il y a une de mafia politico-religieuse qui a mis le Sénégal à genoux. A chaque fois que les autorités étatiques commettent une bourde, des exactions contre le peuple, c'est une certaine classe maraboutique qui se dresse en rempart pour prendre fait et cause pour l'Etat. C'est pourquoi les Sénégalais commencent à être importunés, voire ulcérés par ces dénouements d'attrape-nigaud que connaît tout différend financier. Toutes les crises découlant d'un détournement financier finissent toujours par se résorber à la faveur des médiations religieuses. L'Etat se réfugie derrière les missions de bons offices entreprises par des khalifes généraux pour noyer les scandales politiques. Me Wade utilise, maintenant, un subterfuge dans les scandales financiers. Il active les corps de contrôle de l'Etat qui épinglent quelqu'un, comme ce fut le cas avec Idrissa Seck. Mais, s'il veut l'acquitter, il prend prétexte de la médiation du khalife général des mourides pour mettre une croix dessus. C'est le cas avec Mbaye Jacques Diop qu'on accuse d'avoir détourné 300 millions. C'est Me Wade en personne qui a dit qu'il y a un trou de 300 millions au Craes (Conseil économique pour les affaires économiques et sociales). Quel est le sort des 300 millions qui appartiennent aux Sénégalais ? Est-ce que les gens ont accepté de rembourser les 300 millions lors de la médiation ? Au demeurant, je salue la médiation du khalife, mais elle ne devrait pas être utilisée comme un moyen de cacher la vérité aux Sénégalais, car il faut connaître la traçabilité de l'argent public. Ceux qui complotent contre la nation en y impliquant une clientèle religieuse doivent faire gaffe car, il existe des poches de résistance plus vigilantes pour y faire face.
Il y a eu le mariage des homosexuels à Mbao qui avait défrayé la chronique. Quelle est votre position en tant qu'homme religieux ?
Lorsque les gens s'agitaient autour de cette affaire, en son temps, je ne me suis pas prononcé. Je l'ai toujours dit : il y a une certaine connexion malsaine entre le réseau des homosexuels et les pratiques bien de chez nous. Il y a des femmes de certains marabouts qui s'accompagnent avec des homosexuels dans les cérémonies. Les homosexuels sont aussi les auxiliaires des artistes-musiciens. Pour extirper ce mal, il faut s'attaquer aux pratiques, typiquement, sénégalaises. D'ailleurs, les arguments fournis par le gouvernement pour libérer les homosexuels ne sont pas fondés. Il a invoqué l'article 7 de la Constitution qui dit que tous les citoyens sont égaux. Et, par conséquent, ils (les homosexuels) sont libres de faire ce qu'ils veulent. C'est ce même article qui stipule que les hommes et les femmes sont égaux en droit. Pourquoi, alors, en matière de succession, l'homme a le double de la femme? Donc, si on suit cette logique, on peut en déduire que cette manière de procéder est une anomalie.
La classe politique épilogue sur la réussite ou non du 11e sommet de l'Oci. Quelle est votre position ?
Ce sommet a connu un franc succès, si on le compare au sommet qui s'est tenu en Arabie Saoudite et en Malaisie, puisqu'on a pu voter une nouvelle charte qui a remplacé l'ancienne. Mais, il y a aussi les engagements sur l'augmentation des échanges commerciaux, du volume des investissements, l'échange d'expertise. Ces acquis ont été obtenus grâce aux efforts soutenus et aux orientations concluantes du président Wade. Toutefois, il faut que l'on fasse la lumière sur la responsabilité de certains (opérateurs) privés comme Al Kharafi (entreprise Koweitienne : Ndlr), les promoteurs de l'hôtel six étoiles Sea Plaza. Il faut que l'on sache comment ils sont parvenus à avoir des licences sans pour autant héberger un seul hôte. Même si, dit-on, Karim Wade n'est ni ordonnateur des dépenses, encore moins administrateur des crédits, il en demeure pas moins que les 130 milliards empruntés du privé engagent l'Etat sénégalais. Et, c'est une dette que les populations vont rembourser. Même les 30 milliards sous forme de don qu'elles (les autorités de l'Anoci : Ndlr) ont décrochés, grâce à leur ingéniosité, devraient faire l'objet d'audit.
Mais, Me Wade semble blanchir l'Anoci lors de sa visite à Tivaouane…
Même si Karim n'est ni l'ordonnateur des dépenses, ni l'administrateur des crédits, on devrait les auditer dans la mesure où les 130 milliards engagés par l'Etat du Sénégal seront remboursés par les Sénégalais. En outre, il faut que Karim Wade, que j'estime bien du reste, clarifie ses relations avec les cercles mafieux.
Quels sont ces cercles mafieux ?
C'est cette oligarchie dont j'ai parlé tantôt, les promoteurs hôteliers qui ont obtenu des permis et qui n'ont pas participé à l'hébergement des hôtes. Ce, au grand dam des promoteurs nationaux. C'est pourquoi, Karim doit clarifier ses relations avec les cercles mafieux. Il doit aussi clarifier ses relations avec Pierre Attias qui a gagné le marché de la communication du sommet de l'Oci. Parce que Dieu dit dans le Coran que les juifs sont les ennemis jurés de l'Islam. Sur ce plan, Karim m'a déçu, car je fus un de ses fervents défenseurs.
Certains pensent qu'en confiant l'Anoci à son fils, Me Wade prépare sa succession. Qu'en pensez-vous ?
Personnellement, je ne crois pas, jusqu'à preuve du contraire, que Me Wade veuille préparer son fils pour sa succession. Ce n'est que de la diversion. Me Wade a deux Cheikhou Cherifou (le jeune «tanzanien dont le passage avait soulevé de vives polémiques : Ndlr) dans son sac. Le Cheikhou Chérifou, Karim Wade et Cheikhou Chérifou, Idrissa Seck. Il peut attirer l'attention sur Karim Wade, et, subitement, nous présenter Idrissa Seck. Il faut l'attendre sur les deux fronts pour ne pas être pris au dépourvu.
La vidéo en Ligne du député néerlandais Geert Wilders continue de faire couler beaucoup l'encre au Sénégal. En tout cas, c'est de la capitale de la région sud du pays que l'Association des élèves et étudiants musulmans du Sénégal (Aeems) a haussé le ton contre les « provocateurs » de l'Islam, parmi lesquels le député d'extrême droite néerlandais. L'administrateur général de cette association n'est pas non plus satisfait du bilan du 11ème sommet de l'Organisation de la conférence islamique (Oci) organisé à Dakar les 13 et 14 Mars 2008.
Mouhamadou Lamine Gaye n'est pas allé par quatre chemins pour dénoncer la publication en ligne, le 27 mars dernier, du film du député néerlandais Geert Wilders. Pour rappel, « Fitna » (c'est le titre du brûlot anti-islamique) a été mis en ligne le soir du jeudi 27 mars dernier. Il a été publié sur le site Internet britannique d'échanges Liveleak.com. Lequel l'a accepté en lieu et place de plusieurs autres entreprises en ligne. La même vidéo et beaucoup de ces extraits ont été repris par d'autres sites Internet de partage dont Youtube.com.
« Fitna », une vidéo – montage, fait l'apologie de la violence sous plusieurs formes avec des images vidéos et photos à l'appui, attribuées aux musulmans, à l'Islam et à son Livre Saint, le Coran. Tout ce scénario digne d'un véritable provocateur, n'a pas laissé indifférent l'administrateur général de l'Aeems. Mouhamadou Lamine Gaye était en voyage de supervision d'un camp d'ados réservé à la formation islamique des jeunes filles, cent cinquante (150) au total, venues des départements de la région méridionale du Sénégal. « Nous dénonçons cela, (tout comme) les caricatures du prophète Mouhammad (SAWA) ! » a véhémentement avancé Mouhamadou Lamine Gaye.
Le vice-président de l'Aeems ajoutera « ce que ces gens-là veulent, c'est de provoquer l'Islam ». Sur ce, il a appelé les musulmans à répliquer à leur manière en conformité avec « leur foi, leur religion et leur spiritualité ». Selon lui, les musulmans « doivent réagir par l'écrit, la bonne parole, la bonne exhortation, mais pas à travers des marches, des exécutions brûlées ». Car, estime l'administrateur général de l'Aeems, ceci « n'est pas l'affaire des musulmans ».
L'OCI, un mouvement de Chefs d'Etats et d'Emirs…à ne rien faire ?
Le deuxième patron de l'Aeems n'a pas été tendre à l'égard de l'Organisation de la conférence islamique (Oci). Selon lui, « par rapport à la cause palestinienne, le monde musulman est très en retard ». Or, c'est justement pour cette cause que l'Oci a vue le jour un certain 25 septembre 1969. Pourtant, « il n'y a rien qui est fait pour la cause palestinienne » si l'on s'en tient aux propos de Mouhamadou Lamine Gaye. Analysant la composition de l'Oci du point des pays, des Etats, Nations et autres autorités, l'administrateur général de l'Aeems soutient que « les pays arabes qui doivent défendre la Palestine, sont eux-mêmes protégés par les Etats-Unis ; leur sécurité est assurée par les Etats-Unis ». Ce qui, a priori, fausse inéluctablement la donne. Car, à l'en croire, « ce sont les Etats-Unis qui organisent le jeu au Proche et Moyen-orient ». Raison pour laquelle aucun pays arabe n'ose « dénoncer de vive voix ce qui se passe en Palestine ».
Mieux, ce responsable national de l'Aeems préconise une réorientation des objectifs de l'Oci. « Nous pensons que l'Oci doit être une question des peuples » nous a-t-il confié, faisant la comparaison entre l'Oci et les Nations Unies et leurs démembrements. « Nous pensons que l'Oci est un mouvement de Chefs d'Etats et d'Emirs qui viennent louer des bateaux qui coûtent des milliards, construire des tunnels, etc. Nous pensons que ce n'est pas cela, véritablement, l'objectif de l'Oci » dira-t-il faisant allusion au récent sommet de cette institution, organisé les 13 et 14 Mars derniers à Dakar.