Les Etats africains doivent relever le défi de la formation spécifique de leur agents et celui de la coopération pour faire face aux organisations mafieuses qui sont tellement contrôlées au Nord qu'elles cherchent à s'installer dans les pays du Sud, a déclaré lundi à Dakar Eric Legrand, conseiller technique au ministère de la Justice.
''Actuellement, vous avez des mafias qui sont tellement contrôlées en Europe et au Nord qu'elles vont chercher à s'installer au Sud'', a notamment indiqué Eric Legrand.
Il s'exprimait en marge de la cérémonie d'ouverture d'une session de formation des formateurs du Réseau africain francophone de formation judiciaire (RAFJ) en matière de lutte contre le blanchiment d'argent de capitaux et de financement du terrorisme au Centre de formation judiciaire (CFJ).
Citant des ''collègues'', il a à ce propos fait référence à l'exemple de la Guinée-Bissau où ‘'des gens sont en train de construire des aéroports privés de façon à faire atterrir des avions privés qui vont transporter la cocaïne ou d'autres produits de trafic partout en Afrique'', profitant de la quasi-absence d'Etat. ''Pour ces cartels, c'est pain béni'', a-t-il relevé, tout en attirant l'attention sur le risque que ces mafieux arrivent et prennent le pouvoir.
Il y a un Etat dans les Caraïbes, où ''le gouvernement a été acheté par les cartels colombiens'', lesquels gangrènent toute l'île, a relevé M. Legrand.
''Il est bon et légitime que l'Etat qui voit les investisseurs arriver à un fort niveau s'interroge'', a ajouté l'officiel qui est aussi un agent de la coopération française. ''Notre objectif est de former en Afrique de l'Ouest un dispositif de lutte hyper efficace'', a-t-il indiqué.
Pour cela, il est nécessaire, de former les gendarmes, les policiers et les magistrats à ‘'l'approche thématique'', ces derniers étant la plupart du temps ‘'formés pour les infractions d'ordre général''. Dès lors qu'on aborde une ‘'thématique particulière il faut les former de manière spécifique'', comme c'est le cas en Europe, a-t-il soutenu.
Quand un trafiquant d'origine africaine en Europe veut faire des réalisations en Afrique, il faut que l'argent qu'il a acquis de manière illicite, soit blanchi pour passer les frontières. Pour cela, il a besoin de passeurs et doit ''mobiliser et corrompre une bonne partie de la population dans laquelle (il) veut injecter cet argent''.
Lors de la cérémonie d'ouverture, Eric Legrand avait noté que le blanchiment de capitaux relève de la criminalité transnationale organisée, et par conséquent, appelle les Etats africains à unifier leurs efforts pour y faire face.
Ces organisations, a-t-il averti, ont ''les moyens de déstabiliser complètement l'économie d'un pays ou d'une région''.
Pour donner une idée de leur puissance, il a indiqué qu'un caïd de la drogue avait proposé de racheter la dette intérieure de la Colombie pour quelque 1500 milliards, en échange de sa liberté.
''A Dakar pour l'instant (…), le blanchiment d'argent sale existe, mais on n'est pas dans une approche financement du terrorisme, on est dans une approche où les gens utilisent l'argent qu'ils ont gagné illicitement pour réaliser leur vie'', a indiqué M. Legrand.
''La lutte contre le financement du terrorisme et (la lutte contre) le blanchiment d'argent ne sont pas forcément liées'', dans la mesure où les organisations terroristes ''n'ont pas besoin d'utiliser de l'argent sale'', qui d'ailleurs peut éveiller des soupçons pour mener leurs activités, a-t-il expliqué.
Sénégalais. Journaliste depuis 2000. Encore en exercice.
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''Tous les journalistes africains sont des suicidaires, à moins qu’ils renoncent à leur métier''.
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" La censure, quelle qu'elle soit, me paraît une monstruosité, une chose pire que l'homicide. La mort de Socrate pèse encore sur le genre humain."
Gustave Flaubert
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