Après un demi-siècle à la tête de Cuba, Fidel Castro annonce qu'il renonce à la présidence du pays. "Je n'aspirerai ni n'accepterai, je répète, je n'aspirerai ni n'accepterai la charge de Président du Conseil d'Etat et de Commandant en chef", écrit-il dans une tribune publiée par l'organe officiel Granma.
"Je trahirais ma conscience en occupant une responsabilité qui requiert mobilité et dévouement total alors que ma condition physique ne me le permet pas", ajoute t-il, mettant un terme à une période de transition qui a commencé le 31 juillet 2006, lorsque Fidel Castro, malade, a provisoirement délégué son pouvoir à son frère Raul.
Cette déclaration intervient alors que le nom de son successeur doit être annoncé, dimanche prochain, lors d'une session de l'Assemblée nationale. Plusieurs noms circulent, à commencer par ceux de Raul Castro mais aussi du Premier ministre Carlos Lage. Correspondant de France 24 à La Havane, José Goita souligne que Fidel Castro n'a pas, dans son message, désigné directement son frère. Il évoque en effet des "cadres de l'ancienne garde" qui "disposent de l'autorité et de l'expérience nécessaires pour garantir le remplacement", sans nommer de personnes en particulier.
"Soldat des idées" La nouvelle du retrait politique de Fidel Castro est tombée à Cuba en pleine nuit, via le site internet de Granma. "Beaucoup de Cubains n'ont pas accès à Internet et l'apprendront demain en achetant le journal", indique José Goita. De fait, nous avons contacté par téléphone une jeune blogueuse de La Havane, à qui nous avons appris la nouvelle.
"Après tant d'années de lutte, mon obligation première était de préparer notre peuple à mon absence, psychologiquement et politiquement, écrit Fidel Castro. Mon désir a toujours été d'accomplir mon devoir jusqu'à mon dernier souffle. C'est ce que j'ai pu offrir." Spécialiste de politique internationale à France 24, Jean-Bernard Cadier estime que ce "départ en douceur fera sans doute entrer Fidel Castro dans la légende" qui, à l'inverse d'un Franco en Espagne, "ne s'est pas accroché au-delà de ce qui est raisonnable". "Il a décidé de son heure, et a relativement bien réussi sa sortie", commente-t-il.
A présent, Fidel Castro entend "combattre en tant que soldat des idées". "Je continuerai à écrire mais sous le titre de "Réflexions du camarade Fidel", poursuit-il. Cela sera une arme de plus dans l'arsenal sur lequel on pourra compter. Peut-être que ma voix sera entendue. Je serai prudent ". Le Lider Maximo redevient ainsi un "simple" camarade.
Sénégalais. Journaliste depuis 2000. Encore en exercice.
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''Tous les journalistes africains sont des suicidaires, à moins qu’ils renoncent à leur métier''.
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" La censure, quelle qu'elle soit, me paraît une monstruosité, une chose pire que l'homicide. La mort de Socrate pèse encore sur le genre humain."
Gustave Flaubert
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