Les portes de la prison Victor Verster se sont ouvertes le 11 février 1990. L'histoire avait déjà écrit ses premières pages avec le refus de l'oppression. L'installation des premiers Européens - des Hollandais -, en 1632, est un moment décisif. Ils seront rejoints, au début du 19e siècle, par les Britanniques. Les jeux d'intérêt sont manifestes. Ces convoitises sont exacerbées par la découverte de gisements de diamant en 1867 et de filons aurifères en 1885. La guerre des Boers s'en est suivie. L'an 1910 verra la naissance de l'Union sud-africaine qui, en quittant le Commonwealth en 1961, donne la République d'Afrique du Sud. Entre-temps, que sont devenus les autochtones ?
Les sujets de multiples interdits dans un pays évoluant à plusieurs vitesses selon la couleur de la peau du « citoyen ». Le système de développement séparé, sur un sol riche en ressources minières, a produit des martyrs. Il a aussi offert au reste du monde l'une des trajectoires les plus prestigieuses. Voilà la raison d'être du livre « Nelson Mandela, un homme d'exception ». Les Editions du Jaguar appartenant au Groupe panafricain de Paris, Jeune Afrique, se penchent sur la destinée singulière de cet héritier de la lignée royale du peuple xhosa qui a offert sa vie au rêve pluriel d'une Afrique du Sud « arc-en-ciel ». Sa pugnacité, face aux pierres à casser sur Robben Island comme face à la police de l'Apartheid, n'est pas le fruit du hasard. A neuf ans (1927), Rolilahlah Mandela (son nom à la naissance, Nelson étant son prénom de baptême à l'école de la mission britannique) perd son père. Placé sous l'autorité du régent Jongintaba, il est renvoyé plus tard de l'école Fort Hare pour indiscipline.
Il tient bon et marque une nette préférence pour son prénom traditionnel, Madiba. Il trouve un emploi comme veilleur de nuit dans une société minière à Johannesburg. Là, il rencontre Walter Sisulu, fils d'un magistrat blanc et d'une Xhosa. Le Congrès national africain est le réceptacle naturel de leur mécontentement. Ils s'en saisissent et en paient le prix : plusieurs séjours en prison. Le plus célèbre et le plus douloureux pour ce jeune avocat a duré vingt-sept ans, entre les geôles de Pretoria, Robben Island ou encore Victor Verster. Une génération. Ces pages douloureuses en ont ouvert une autre pour ce militant africain hors pair en 1990. Oublié le procès de Rivonia pour haute trahison en 1964, l'Afrique du Sud se réconcilie avec elle-même et porte, quatre années plus tard, Mandela au pouvoir.
L'unité de cette nouvelle nation est son sacerdoce. Il s'attelle à en consolider les bases. Ce livre est une sorte de musée sur papier. Les textes n'étouffent pas la qualité des illustrations. la trajectoire de Mandela y est décrite en images. Il y a des pièces intéressantes comme les retours de l'ancien prisonnier à Robben Island et à la hutte ronde de Mqhekezweni où sa mère l'avait conduit à la disparition de son père. Cette dernière séquence a forgé le caractère du futur héros de lutte anti-apartheid. Il y a aussi cette image de son laissez-passer qu'il brûle en signe de révolte après le massacre de Sharpeville en 1960. L'homme avait un autre laissez-passer : sa foi en un combat juste pour une société elle-même juste. « J'ai chéri l'idéal d'une société libre et démocratique dans laquelle tous les hommes vivraient en harmonie et avec des chances égales. C'est un idéal que j'espère défendre ma vie durant. Mais s'il le faut, c'est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir ». Une profession de foi dite au procès de Rivonia. Plus que de simples mots ! Le monde s'en est rendu compte plus tard...
Sénégalais. Journaliste depuis 2000. Jounaliste politique depuis 2004. Encore en exercice.
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Gustave Flaubert
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