Le procureur général de la Cour criminelle de N'Djamena a requis de 7 à 11 ans de travaux forcés contre les six Français de l'Arche de Zoé.
Le procureur général de la Cour criminelle de N'Djamena, au Tchad, a requis de sept à onze ans de travaux forcés à l'encontre des six accusés français dans le procès de l'Arche de Zoé. « Un réquisitoire très rapide, de moins d'une demi-heure », a constaté sur place l'envoyée spéciale de France 24 Sophie Claudet.
Au cours d'un réquisitoire aux propos « extrêmement durs », selon notre correspondante, le procureur a affirmé n'avoir « aucun doute » sur leur culpabilité. « Ils ont basculé dans l'inhumanitaire », a-t-il ajouté lors de ce quatrième et dernier jour de procès. Les six Français sont accusés d'avoir tenté d'enlever 103 enfants africains.
Pour chacun de ses enfants, le procureur a demandé 60 000 euros de compensation financière. Les parties civiles avaient quant à elles réclamé 1 million d'euros par enfant.
Verdict attendu mercredi
Les avocats de la défense, qui plaident à la suite du procureur, devraient demander l'acquittement. Le verdict, qui pourrait menacer les relations entre la France et son ancienne colonie, est attendu mercredi.
De nombreuses manifestations de colère ont eu lieu à N'Djamena contre les membres de l'Arche de Zoé, l'association au cœur du scandale depuis l'arrestation de ses membres le 25 octobre.
Le groupe a déclaré que ses intentions étaient purement « humanitaires » et qu'ils ont voulu prendre en charge les enfants pour les sauver du conflit du Darfour au Soudan voisin.
Le gouvernement tchadien affirme que l'Arche de Zoé n'avait pas la permission d'emmener les enfants hors du pays, et que la plupart des enfants ne sont pas orphelins, et sont d'origine tchadienne et non du Darfour, contrairement aux dires de l'association.
Vendredi, Eric Breteau, président de l'Arche de Zoé, a déclaré à la cour que l'association menait « une mission humanitaire légitime ».
Une extradition probable
Des spéculations demeurent sur le fait que les accusés pourraient purger leur peine en France sur la base d'une convention franco-tchadienne. Leurs peines devraient alors être modifiées, puisque que les travaux forcés n'existent plus en France.
Mario Stasi, un avocat français, a déclaré à FRANCE 24 qu'une extradition était probable. « Suite à une demande des autorités judiciaires françaises, les accusés pourraient être transférés si les autorités tchadiennes l'acceptent. » a-t-il expliqué. Il ajoute : « le climat n'est pas encore conflictuel et l'on peut espérer que ce soit rapide. »
Une autre alternative serait une grâce présidentielle accordée par le président tchadien Idriss Déby.
Un Soudanais et trois Tchadiens sont également poursuivis pour complicité dans l'affaire qui a tendu les relations franco-tchadienne. Ce procès a également posé la question de l'adoption à l'échelle internationale.
Source : www.france24.com
Catégorie : Lu, Vu et Entendu |